🍩 L’IMPACT DES MOBILITES SUR LE DONUT
🍩 L’IMPACT DES MOBILITES SUR LE DONUT
Étude Futura-Mobility & JC Louvain : impact des mobilités sur les limites planétaires et les dimensions sociales du Donut de Kate Raworth, une approche innovante.
Futura-Mobility a collaboré avec la Junior Consulting Louvain pour réaliser une première étude sur l’impact des mobilités sur le modèle du Donut de Kate Raworth. Ce modèle propose une vision holistique du développement durable en définissant un espace sûr et juste pour l’humanité, encadré par un plafond écologique (les limites planétaires à ne pas dépasser) et un socle social (les fondamentaux à garantir pour le bien-être humain). Sur le plan macroéconomique, il élargit la notion de progrès au delà du critère dominant aujourd’hui de croissance du PIB.
L’étude s’est appuyée sur une revue la plus complète possible de la littérature scientifique pour analyser l’impact du secteur des mobilités (marchandises et passagers) sur les neuf limites planétaires et les douze dimensions sociales du Donut. Cette approche sectorielle du Donut est novatrice, les secteurs d’activités s’étant peu emparés du Donut, contrairement aux collectivités locales.
Cette analyse a permis de cartographier les impacts des mobilités, en mettant en évidence les limites planétaires et sociales les plus affectées ainsi que les liens d’interdépendance entre elles.


L’étude a pu confirmer et éclairer l’impact significatif de la mobilité sur plusieurs limites planétaires, notamment le changement climatique, l’acidification des océans, la perte de biodiversité, la pollution chimique et la pollution de l’air. Elle a également mis en lumière la contribution de la mobilité sur des dimensions sociales clés, telles que l’emploi, la santé et l’éducation. L’étude souligne également le manque de données et de recherches sur certains aspects, notamment l’impact de la mobilité sur l’utilisation de l’eau douce et le cycle de l’azote.
Ci-dessous les limites planétaires sur lesquelles la mobilité a un impact important et qui sont bien documentées, d’après les sources collectées via l’étude :
👉 Changement climatique : Le secteur des transports est un contributeur majeur aux émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES). En 2018, il représentait entre 14 % et 15,6 % des émissions mondiales. Le transport routier est le principal responsable, contribuant à 73 % des émissions totales du secteur.
👉 Acidification des océans : Le transport étant une source importante d’émissions de CO2, celui-ci contribue à l’acidification des océans. En effet lorsque le CO2 est absorbé par l’eau de mer, il réagit avec l’eau pour former de l’acide carbonique (H2CO3). Ce phénomène a des conséquences néfastes sur les écosystèmes marins.
👉 Perte de biodiversité : La construction d’infrastructures de transport, notamment routières et ferrées, entraîne la fragmentation des paysages, réduisant les échanges entre les écosystèmes et la disponibilité des habitats. Ces infrastructures agissent comme des barrières pour les espèces animales, limitant leurs déplacements et leur accès aux ressources. La pollution associée aux flux de mobilité (marchandises comme passagers), comme les émissions de gaz, le bruit et la lumière, détériore également la qualité des habitats.
👉 Pollution de l’air : Le transport est un contributeur majeur à la pollution de l’air, notamment par les émissions de NOx, de CO, et de particules fines. La concentration de polluants dans l’air est plus élevée à proximité des grands axes routiers, ce qui pose un risque pour la santé humaine. Les sources mentionnent également que la pollution de l’air peut se propager par les pluies et le ruissellement, contaminant ainsi les sols et les eaux. Le lien entre pollution de l’air et pollution chimique est important.
👉 Pollution chimique : La mobilité est une source importante de pollution chimique. Les sources mentionnent, concernant le transport routier par exemple, l’usure des pneus, l’abrasion des routes et des freins, ainsi que les émissions de véhicules comme des facteurs clés. Ces activités libèrent diverses substances toxiques, des métaux lourds et des perturbateurs endocriniens dans l’environnement. La pollution chimique résultante affecte la santé humaine et les écosystèmes.
En résumé, le secteur des mobilités exerce une pression considérable sur l’environnement, affectant le climat, la biodiversité, les océans et la qualité de l’air et de l’eau. Il est crucial de travailler sur la connaissance de ces impacts négatifs et de développer des offres permettant une mobilité plus durable et plus respectueuse des limites planétaires.

Les sources fournies mettent en évidence plusieurs dimensions sociales sur lesquelles la mobilité a une contribution significative et qui sont bien documentées :
👉 Emploi : La mobilité est un moteur essentiel de l’activité économique et de la création d’emplois. Elle facilite l’accès aux marchés, aux emplois et aux services, contribuant ainsi au développement économique, en particulier dans les zones rurales. Les infrastructures de transport en milieu rural jouent un rôle crucial en améliorant l’accès aux marchés, la production agricole et la création d’entreprises. Une étude menée au Bangladesh met en lumière le lien étroit entre l’accessibilité et la réduction de la pauvreté.
👉 Santé : La mobilité a un impact direct sur la santé, à la fois positivement et négativement. D’une part, elle facilite l’accès aux soins de santé, ce qui est crucial pour le bien-être des populations, en particulier dans les zones rurales où l’accès aux soins est souvent limité. Des études ont démontré l’importance de la mobilité pour l’accès aux soins maternels et la réduction de la mortalité maternelle. D’autre part, la mobilité, notamment le transport routier, est responsable d’un nombre important d’accidents et de décès chaque année. De plus, la pollution de l’air et la pollution chimique liées à la mobilité ont des effets néfastes sur la santé humaine.
👉 Éducation : La mobilité joue un rôle important dans l’accès à l’éducation. Un accès facile aux écoles est essentiel pour garantir la scolarisation des enfants, en particulier dans les zones rurales où les distances peuvent être importantes. Des études menées en Chine et au Brésil montrent que la distance à parcourir pour se rendre à l’école peut avoir un impact négatif sur la scolarisation et les résultats scolaires. Cependant, l’amélioration des infrastructures de transport peut également avoir des effets négatifs sur l’éducation, en augmentant les opportunités de travail pour les enfants, les incitant à quitter l’école prématurément.
👉 Égalité des sexes : La mobilité a un impact complexe sur l’égalité des sexes. Les femmes ont souvent une mobilité plus limitée que les hommes, en raison de facteurs socio-économiques et culturels, tels que les revenus, les responsabilités familiales et les normes sociales. Cette mobilité réduite peut limiter l’accès des femmes à l’emploi, à l’éducation et aux opportunités économiques. Dans certains contextes, l’amélioration de la mobilité peut contribuer à l’égalité des sexes en favorisant l’autonomie et l’indépendance des femmes, tandis que dans d’autres contextes, elle peut renforcer les inégalités existantes.
👉 Liens sociaux & communautés : La mobilité favorise les interactions sociales en permettant aux individus de se déplacer et de participer à des activités sociales. Les personnes ayant une mobilité réduite peuvent souffrir d’isolement et de manque de contacts avec les autres. La mobilité est donc importante pour le bien-être psychologique et l’inclusion sociale des personnes.

Il est important de noter que l’impact de la mobilité sur les dimensions sociales peut varier considérablement selon les contextes géographiques, économiques et culturels. Les études citées dans les sources se concentrent souvent sur des cas spécifiques, et il est important de prendre en compte la diversité des situations.
En conclusion, l’étude de Futura-Mobility avec la JC Louvain a recensé la connaissance existante sur les liens entre la mobilité et les éléments du Donut, limites planétaires et socle social. Elle met en évidence des sujets peu traités ou mal connus ainsi que des sujets plus travaillés par la communauté scientifique.
Les travaux du think-tank à l’avenir tiendront compte de cette première cartographie pour approfondir les limites et dimensions sur lesquelles les mobilités ont le plus d’impacts, positifs ou négatifs.
En 2024 et depuis plusieurs années, Futura-Mobility a travaillé sur la décarbonation des mobilités en éclairant par ses séances d’échanges avec des experts et par le voyage exploratoire à Copenhague les angles morts de la décarbonation des mobilités : des infrastructures, en zones rurales, ou bien en lien avec l’aménagement du territoire. Les comptes rendus sont disponibles sur le site Internet.
En 2025, le think-tank se concentrera sur l’impact des mobilités sur la perte de biodiversité et sur l’utilisation d’eau douce.
