đĄ MobilitĂ© et transports dans le monde arabe
By: Lesley Brown
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đĄ MobilitĂ© et transports dans le monde arabe

Paris, 27 novembre 2018 : Jack Lang, prĂ©sident de lâInstitut du Monde Arabe, a introduit la derniĂšre sĂ©ance de lâannĂ©e 2018 du Forum Economique Mondial du Monde Arabe dĂ©diĂ© Ă la mobilitĂ©.
Il a Ă©voquĂ© les nombreux projets de transport, en cours ou Ă venir dans le monde arabe, comme la ligne Ă grande vitesse (LGV) Tanger-Casablanca rĂ©cemment ouverte, une premiĂšre pour le Maroc et mĂȘme le continent africain. « Les grands projets comme celui-ci ouvrent de multiples opportunitĂ©s pour les entreprises françaises, dont lâexpertise dans lâingĂ©nierie, la construction et la gestion dâinfrastructures de transport est mondialement reconnue ».
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Lors de son discours dâouverture, Mohamed Mezghani, secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de l’UITP (association internationale des transports publics), a partagĂ© sa vision sur l’image du secteur des transports publics dans les pays arabes, les structures de gouvernance actuelles et souhaitables, la valorisation des nouvelles technologies, la satisfaction des besoins de sĂ©curitĂ© des femmes et sur lâavenir de la mobilitĂ© dans le monde arabe.
Nombre de ces thĂšmes ont Ă©tĂ© approfondis au cours d’une table ronde avec la participation de :
- Lise Breuil, directrice de la division MobilitĂ© et Transport Ă lâAgence Française de DĂ©veloppement (AFD)
- Abdulrahman Alshalan, director transport de la Riyadh Development Authority (RDA)
- Adil Bahi, directeur de la stratĂ©gie, des programmes et de la coordination des transports au MinistĂšre de lâEquipement et des Transports marocain
- RĂ©mi Cunin, directeur gĂ©nĂ©ral adjoint au sein dâEgis
- Agnes Romatet-Espagne, directrice adjointe international de SNCF Mobilités
- Peter Landuyt, directeur des services du musée et directeur de projet, au sein du Riyadh Public Transport Visitors Center
Infrastructure et stratégie, partenariats et questions financiÚres
Adil Bahi a expliquĂ© lâintĂ©gration de la nouvelle LGV Tanger-Casablanca (temps de parcours rĂ©duit Ă 2 h 10 au lieu de 4 h 45) dans la stratĂ©gie ferroviaire 2040 du Maroc, feuille de route pour le dĂ©veloppement du rĂ©seau ferroviaire national. La nouvelle liaison ferroviaire devrait notamment soutenir la croissance Ă©conomique dans la rĂ©gion du Nord du Maroc, dĂ©jĂ largement engagĂ©e par le port de Tanger Med.
Poursuivant la rĂ©flexion sur les impacts de la LGV marocaine, AgnĂšs Romatet-Espagne a mis en avant des projets structurants pour la SNCF au Maroc comme l’Institut de Formation Ferroviaire (IFF) de Rabat. Joint-venture financĂ©e Ă 50/50 par la SNCF et son homologue marocain l’ONCF (Office national des chemins de fer), l’IFF a ouvert ses portes en mars 2015. Depuis lors, son objectif principal est de former les travailleurs des deux entreprises ferroviaires Ă l’exploitation de la nouvelle LGV. Ă l’avenir, il contribuera Ă combler le dĂ©ficit de compĂ©tences ferroviaires en Afrique, en vue de projets futurs sur le continent.
Autre crĂ©ation franco-marocaine, financĂ©e Ă hauteur de 40 % par la SNCF et 60 % par lâONCF, le centre de maintenance Ă grande vitesse de Tanger, inaugurĂ© en septembre 2015, est Ă la pointe du progrĂšs.
La France et la SNCF sont dĂ©sireuses de renforcer leurs liens avec le Maroc, sans doute parce que ce pays est une porte d’entrĂ©e vers un continent africain riche de nombreuses opportunitĂ©s dans le secteur ferroviaire et pas seulement⊠RĂ©mi Cunin, d’Egis voit le secteur des transports comme « trĂšs divers et passionnant ! ». « Des projets comme le dĂ©veloppement des tramways en AlgĂ©rie ou le mĂ©tro de Riyadh [nouveau systĂšme automatique en construction avec six lignes couvrant 300 km] sont de vĂ©ritable vitrines de modernité ».
En parallĂšle, M. Cunin a insistĂ© sur l’importance vitale pour tout projet de transport de s’inscrire dans le plan de dĂ©veloppement urbain de la ville en question. « LâĂ©chec dâune vison globale encourage l’Ă©talement urbain, ennemi numĂ©ro un des transports publics puisque cela ne fait qu’encourager une plus grande utilisation de la voiture ».
« L’infrastructure de transport est seulement une piĂšce du puzzle » , convient Lise BrĂ©uil, de lâAFD. « Elle doit ĂȘtre Ă©troitement liĂ©e aux politiques publiques rĂ©gissant les aspects de planification, partage de l’espace public, et de promotion de la mobilitĂ© douce, des services orientĂ©s vers l’utilisateur et de la mobilitĂ© durable ».
Mohamed Mezghani a soulignĂ© que lâaccĂšs aux financements internationaux pour les projets de transport, ou pour la construction d’infrastructures, n’Ă©tait pas un problĂšme majeur dans les pays arabes. De plus, d’autres fonds existent comme le Fonds structurel marocain alimentĂ© par des taxes intĂ©rieures (TVA et autres contributions) et utilisĂ© pour financer des projets de transport public en voies rĂ©servĂ©es (tramways et services de transport en commun rapide par autobus).
D’autres mĂ©canismes financiers apparaissent tels la vente des droits de dĂ©nomination des stations, comme pour le mĂ©tro de DubaĂŻ, ou la mise en place de partenariats public-privĂ© (PPP) qui permettent par exemple Ă des promoteurs immobiliers de co-financer l’infrastructure de transport desservant leurs futurs logements.
Le promoteur immobilier Damac achÚte les droits de dénomination de la station de métro de Dubaï
Croissance urbaine et congestion â le prix Ă payer
Les pays arabes sont plus urbanisĂ©s que la moyenne mondiale (75 % contre 50 %) et leur population urbaine devrait doubler d’ici 2050. A l’exception des pays du Golfe, la marche est le principal moyen de dĂ©placement des personnes. Globalement, le taux de motorisation est faible â 120 voitures pour 1 000 habitants contre 500 pour 1 000 habitants en Europe â sauf dans les pays du Golfe et au Liban, oĂč ce taux dĂ©passe celui de l’Europe.
Le Maroc, la Tunisie, l’AlgĂ©rie et l’Egypte ont une tradition de transport public, alors que dans les pays du Golfe, c’est relativement nouveau. « Nous sommes convaincus qu’il est insoutenable de baser la mobilitĂ© uniquement sur lâusage de la voiture », a dĂ©clarĂ© M. Mezghani. DĂšs quâil y a des lacunes dans le rĂ©seau de transport public, le transport informel est trĂšs prĂ©sent avec des taxis privĂ©s, des vĂ©hicules motorisĂ©s Ă trois roues (tuk-tuks) et des minibus par exemple.
Dans un monde idĂ©al, le dĂ©veloppement du rĂ©seau de transports se fait avant la construction de nouveaux quartiers. Pourtant, comme en tĂ©moignent l’Ă©talement urbain et les embouteillages dans les villes du monde entier, c’est rarement, voire jamais, le cas.
« En Egypte, 6% du PIB est englouti par les embouteillages ». M. Mezghani pense que faire gagner du temps dans les transports est le seul argument pour que les voyageurs quittent la voiture individuelle. « Pour que ce changement se produise, il faut que les autobus â qui souffrent au niveau de leur efficacitĂ© et donc leur attractivitĂ© car ils sont coincĂ©s dans les embouteillages â soient retirĂ©s de la circulation routiĂšre ordinaire pour ĂȘtre exploitĂ©s sur des voies rĂ©servĂ©es ».
Tirant la sonnette d’alarme, GĂ©rard Wolf, prĂ©sident de la Task Force Ville Durable du MEDEF International, a rappelĂ© que la croissance dĂ©mographique urbaine est le grand dĂ©fi de cette premiĂšre moitiĂ© du 21Ăšme siĂšcle. « D’ici 2050, 2,5 milliards de personnes supplĂ©mentaires vivront dans les villes du monde entier. La population urbaine du Caire, qui est d’environ 20 millions d’habitants, augmente d’un million tous les deux ans. En Tunisie, âpetitâ pays qui compte moins de 12 millions d’habitants, entre 2000 et 2018, le nombre d’habitants dans les villes a augmentĂ© de 2,2 millions. Si on ne fait pas attention aux problĂšmes urbains, on est foutus ! ».
Des actions pour un dĂ©veloppement durable des transportsÂ
Avec une population de six millions d’habitants qui ne cesse de croĂźtre, Riyad est l’une des villes les plus dynamiques du monde. En raison de l’absence de modes de transport alternatifs, la voiture est devenue reine : elle est utilisĂ©e dans 89 % des dĂ©placements. La congestion routiĂšre qui en rĂ©sulte est un problĂšme majeur.
Pour véritablement traiter le sujet, le gouvernement a chargé son Autorité de développement de Riyad (RDA) au début des années 2000, de trouver des solutions durables, plutÎt que des solutions rapides mais non pérennes, pour gagner de la fluidité dans la capitale saoudienne.
Pour amorcer les rĂ©flexions, un cycle complet de consultations et d’ateliers a Ă©tĂ© menĂ© par la RDA. Les retours ont Ă©tĂ© utilisĂ©s pour Ă©laborer la StratĂ©gie de dĂ©veloppement mĂ©tropolitain de la rĂ©gion d’Arriyadh (MEDSTAR), approuvĂ©e par le gouvernement en 2003.
Feuille de route stratĂ©gique pour rĂ©guler le dĂ©veloppement futur de la capitale saoudienne et de ses environs au cours des deux prochaines dĂ©cennies, MEDSTAR prend en compte tous les facteurs influençant ce dĂ©veloppement, depuis les considĂ©rations Ă©conomiques, les transports, les installations, le logement jusquâaux services publics, en passant par l’amĂ©nagement du territoire et la rĂ©glementation. Les points principaux soulevĂ©s comprennent la gestion anticipĂ©e du trafic (stationnement, signalisation routiĂšre, contrĂŽle de la vitesse), la planification des infrastructures urbaines, les modĂšles Ă©conomiques durables comme le PPP et la gouvernance des transports publics.
« Il ne suffit pas de concevoir un trĂšs bon systĂšme de transport », a soulignĂ© M. Alshalan, qui croit fermement que les villes doivent ĂȘtre planifiĂ©es et dĂ©veloppĂ©es selon une approche triangulaire â transport, Ă©conomie et environnement. « Les trois Ă©lĂ©ments vont de pair ».
Riyad a connu un dĂ©veloppement trĂšs rapide en 2018 en investissant massivement dans son avenir – 20 milliards d’euros pour ĂȘtre prĂ©cis. En 2017, la capitale saoudienne a commencĂ© Ă construire son tout nouveau systĂšme de mĂ©tro automatique, six lignes d’une longueur totale de 330 km, dont lâouverture est prĂ©vue entre 2019 et 2021.
ParallĂšlement, un centre de visiteurs des transports publics, ouvert en 2017, est conçu pour « éduquer, informer et donner envie aux habitants de Riyad Ă propos de l’immense projet de dĂ©veloppement des transports publics en cours dans la capitale saoudienne ». Compte tenu de la dĂ©pendance actuelle Ă l’automobile, on peut espĂ©rer que ce centre sert Ă©galement Ă encourager les gens Ă réévaluer leurs dĂ©cisions en matiĂšre de mobilitĂ©.
#MeToo
Dans les pays arabes, les transports publics sont favorables Ă lâĂ©galitĂ© des sexes, car ils sont une opportunitĂ© pour les femmes dâamĂ©liorer leur condition Ă©conomique. NĂ©anmoins, le harcĂšlement verbal et sexuel dont sont victimes les femmes est un frein Ă lâutilisation des transports en commun par celles-ci.
Ce problĂšme est aujourdâhui sur le devant de la scĂšne, relayĂ© par les rĂ©seaux sociaux au travers du mouvement #MeToo. Ce mouvement a créé un changement radical de perception pour les victimes de harcĂšlement et d’agression sexuelles dans tous les secteurs de la sociĂ©tĂ© Ă travers le monde.
« Les exploitants de systĂšmes de transport sont de plus en plus conscients de la question de la sĂ©curitĂ© des femmes. De plus, il existe des initiatives citoyennes, comme Harass Tracker », a dĂ©clarĂ© M. Mezghani. LancĂ© en 2016 par trois femmes libanaises, Harass Tracker est un outil en ligne oĂč les victimes et les tĂ©moins peuvent signaler et localiser les incidents de harcĂšlement sexuel dans les espaces publics Ă Beyrouth. Les informations recueillies peuvent ensuite ĂȘtre utilisĂ©es pour sensibiliser et susciter le dĂ©bat auprĂšs du public ou des autoritĂ©s.
Dans certaines villes arabes, comme Le Caire et DubaĂŻ, des espaces sont dĂ©diĂ©es aux femmes dans les rames de mĂ©tro afin d’assurer leur sĂ©curitĂ©. Mme BrĂ©uil, de l’AFD, a reconnu que cette approche s’avĂ©rait efficace dans certains cas, en soulignant les bonnes pratiques qui « fonctionnent bien », notamment la prĂ©sence de personnel fĂ©minin Ă bord, la mise en place de lignes dâappel direct et l’organisation de campagnes de sensibilisation contre le harcĂšlement sexuel. « LâAFD soutient le dĂ©veloppement de systĂšmes de mobilitĂ© qui s’attaquent Ă l’insĂ©curitĂ© des femmes dans les transports et les espaces publics », a-t-elle dĂ©clarĂ©.
« D’autres solutions pour amĂ©liorer la sĂ©curitĂ© dans les transports existent comme une meilleure conception de l’Ă©clairage dans les gares, l’introduction de plus de vidĂ©osurveillance et la prĂ©sence de plus de personnel », a ajoutĂ© M. Alshalan.
Questions environnementales â locales et globalesÂ
Pour rĂ©duire les Ă©missions gĂ©nĂ©rĂ©es par les transports publics au niveau local, Riyad a introduit les bus Euro 5 â « un grand pas en avant pour nous », a dĂ©clarĂ© M. Alshalan. La norme europĂ©enne Euro 5 sur les Ă©missions rĂ©duit considĂ©rablement le niveau des gaz d’oxyde d’azote (NOx) (connus pour avoir des effets directs et indirects sur la santĂ© humaine) que les vĂ©hicules peuvent Ă©mettre – de 3,5 grammes/kWh pour Euro 4 Ă 2,0 g/kWh.
Mais pourquoi les autoritĂ©s municipales n’ont-elles pas optĂ© pour des autobus Ă©lectriques ou hybrides encore plus âpropresâ (Ă©missions locales) ? « Parce que la chaleur de notre climat n’est pas bonne pour les batteries. Lorsque nous avons remplacĂ© la flotte, les technologies des batteries n’Ă©taient pas suffisamment avancĂ©es en termes de rĂ©sistance Ă la chaleur », a expliquĂ© M. Alshalan. « Depuis, elles se sont amĂ©liorĂ©es, nous verrons donc pour le prochain appel d’offres ».
La rĂ©duction de l’empreinte carbone du transport est une autre prioritĂ© de lâADF. Pour obtenir des rĂ©sultats, lâAgence soutient notamment Mobilise Your City (MYC), une initiative internationale nĂ©e Ă lâoccasion de la COP21 (dĂ©cembre 2015). EncouragĂ©e par les gouvernements français et allemand, MYC a pour objectif de rĂ©unir 100 villes et 20 pays engagĂ©s dans la planification d’une mobilitĂ© urbaine durable afin de rĂ©duire les Ă©missions de gaz Ă effet de serre (GES) et ainsi limiter le rĂ©chauffement climatique. Parmi les 39 villes et 9 pays membres du partenariat actuel du MYC, on compte 13 villes marocaines et une tunisienne.
« MYC encourage la construction de villes compactes, l’amĂ©lioration de l’efficacitĂ© Ă©nergĂ©tique de tous les modes de transport et les actions pour promouvoir les transports publics auprĂšs des voyageurs », a dĂ©clarĂ© Mme BrĂ©uil.
Autre sujet Ă©mergent en lien avec le rĂ©chauffement climatique : la rĂ©silience (cf. article Futura-Mobility sur le sujet). En 2014, des pluies diluviennes ont provoquĂ© des inondations soudaines dans le sud du Maroc. Elles ont endommagĂ© une grande partie des infrastructures essentielles du pays, Ă savoir le rĂ©seau dâeau, les routes, le rĂ©seau Ă©lectrique et les rails. Si les tempĂ©ratures continuent d’augmenter, M. Bahi du ministĂšre marocain de l’Equipement et des Transports a mis en garde contre le prix Ă payer : « nous avons tout intĂ©rĂȘt Ă rĂ©duire les Ă©missions, car dans les annĂ©es Ă venir, le coĂ»t des infrastructures de transport va augmenter. Nous serons obligĂ©s de concevoir, d’Ă©quiper et de construire en ayant Ă l’esprit leur rĂ©silience ».
« Le rĂ©chauffement croissant amplifie l’exposition des petites Ăźles, des zones cĂŽtiĂšres basses et des deltas aux risques associĂ©s Ă l’Ă©lĂ©vation du niveau de la mer pour de nombreux systĂšmes humains et Ă©cologiques, y compris l’intrusion accrue d’eau salĂ©e, les inondations et les dommages aux infrastructures ».
Source : Rapport spĂ©cial – RĂ©chauffement planĂ©taire de 1,5 °C, GIEC, 2018
Des possibilitĂ©s d’amĂ©lioration
M. Mezghani estime que les principales mesures pour faire progresser les transports publics dans les pays arabes consistent notamment Ă exploiter la puissance des technologies numĂ©riques et Ă former localement une main-d’Ćuvre qualifiĂ©e (y compris dans le domaine du numĂ©rique). Renforcer l’attractivitĂ© des transports doit Ă©galement ĂȘtre une prioritĂ© â « pour dĂ©passer la perception que les transports publics sont destinĂ©s aux personnes qui n’ont pas le choix⊠bien que cela change au Maroc et dans les pays du Golfe », a-t-il dĂ©clarĂ©.
Avec des approches en matiĂšre de rĂ©glementation des transports publics – lorsqu’elles existent – diffĂ©rentes d’un pays Ă l’autre, la gouvernance des transports est un autre domaine dĂ©licat.
Pour assurer le dĂ©veloppement d’infrastructures et de services de transport durables et cohĂ©rents, M. Mezghani prĂ©fĂšre des entitĂ©s intĂ©grĂ©es sur le modĂšle de Transport for London (TfL) ou de la Land Transport Authority (LTA) de Singapour. « L’absence d’une autoritĂ© unique d’organisation des transports dans les pays arabes est l’un des facteurs qui entravent le dĂ©veloppement de leurs systĂšmes de transport public », a-t-il dĂ©clarĂ©. « Le Maroc a essayĂ© d’en crĂ©er un qui possĂšde en thĂ©orie toutes les compĂ©tences, mais faute de moyens financiers, il n’a jamais dĂ©collĂ©. La Tunisie a adoptĂ© en 2004 un projet de loi visant Ă en crĂ©er un, mais il n’a pas encore Ă©tĂ© mis en Ćuvre ».
Il y a des exceptions, comme au Qatar et Ă DubaĂŻ, qui ont tous deux des entitĂ©s gouvernementales uniques responsables de tous les modes de transport, y compris les taxis, les transports scolaires et les infrastructures. M. Mezghani semble particuliĂšrement impressionnĂ© par la Road and Transport Authority (RTA) de DubaĂŻ, qu’il dĂ©crit comme « une force majeure de la ville et un exemple de la façon de faire les choses ».
« Lorsque la tĂąche de gouvernance est divisĂ©e entre diverses entitĂ©s, elle devient plus compliquĂ©e (prise de dĂ©cision, intĂ©rĂȘts partagĂ©s, etc.). C’est pourquoi un organisme unique est une bonne chose », a renchĂ©rit M. Cunin, qui est Ă©galement favorable Ă davantage de concessions de service public, ces contrats entre autoritĂ©s publiques et entreprises privĂ©es pour que ces derniĂšres fournissent des services ou construisent des infrastructures, comme câest le cas au Liban, au Maroc et en Tunisie.
En mettant le secteur privĂ© sur le marchĂ© et en exigeant que les concessionnaires remplissent certaines conditions, les autoritĂ©s de transport peuvent rĂ©duire les subventions, amĂ©liorer l’efficacitĂ© opĂ©rationnelle, atteindre une plus grande Ă©quitĂ© sociale et encourager l’innovation.
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