đĄ Bouygues invite le MIT Ă Paris
đĄ Bouygues invite le MIT Ă Paris
Paris, le 11 dĂ©cembre : organisĂ©e conjointement par le Programme de Liaison Industrielle (ILP) du Massachusetts Institute of Technology (MIT) et du Groupe Bouygues, cette rĂ©union a rĂ©uni des universitaires et des industriels du MIT pour explorer les impacts â rĂ©els et attendus â des technologies de l’information.

Dans son allocution de bienvenue, Olivier Roussat, Directeur gĂ©nĂ©ral dĂ©lĂ©guĂ© et PrĂ©sident de Bouygues Telecom, a dĂ©clarĂ© que le Groupe se concentrait aujourd’hui sur les dĂ©veloppements de l’intelligence artificielle (IA), du Big Data, de la rĂ©alitĂ© augmentĂ©e et de l’Internet des objets (IoT), en travaillant sur la meilleure maniĂšre de les exploiter. Il a pris lâexemple de l’introduction de la robotique dans les activitĂ©s du Groupe pour effectuer des tĂąches difficiles physiquement pour le personnel humain.
M. Roussat s’est Ă©galement interrogĂ© sur l’impact de ces technologies sur les villes et l’Ă©conomie mondiale au cours de la prochaine dĂ©cennie. Dans un essai de 2018 intitulĂ© âNotes from the AI frontier: Modeling the impact of AI on the world economyâ, le cabinet McKinsey prĂ©voit que l’IA pourrait gĂ©nĂ©rer 13 billions de dollars (11,4 billions d’euros) d’activitĂ© Ă©conomique dans le monde en 2030.
En tant que membre de l’ILP, Bouygues mobilise les ressources du MIT pour anticiper l’Ă©volution des mĂ©tiers du bĂątiment dans les annĂ©es Ă venir et inventer des mĂ©thodes de construction disruptives.
Autre action du Groupe, Bouygues Construction et Centrale Lille ont annoncĂ© en mai 2018 la crĂ©ation d’une chaire de recherche pour accroĂźtre la productivitĂ© dans le secteur du bĂątiment. Dans cette optique, l’Ă©quipe mixte de recherche, composĂ©e de doctorants, de jeunes chercheurs et de collaborateurs de Bouygues Construction, travaille sur trois axes majeurs de recherche :
- la robotique et lâautomatisation sur chantier : industrialisation de la production par l’Ă©tude des possibilitĂ©s d’utilisation des robots, de l’impression 3D et de la prĂ©fabrication sur chantier ;
- l’optimisation des chantiers : collecte, traitement et utilisation automatiques des donnĂ©es de chantier pour une meilleure organisation de la production et de la chaĂźne logistique ;
- l’introduction de mĂ©thodes disruptives dans la conception : permettant une conception efficace, automatisĂ©e, intelligente et adaptĂ©e.
Tirer parti de l’intelligence artificielle pour la collaboration et la crĂ©ativitĂ©
Dans son exposĂ©, Peter Gloor, chercheur au Center for Collective Intelligence de la Sloan School of Management du MIT, a soulignĂ© comment tirer parti de lâIA dans la collaboration en crĂ©ant des essaims crĂ©atifs sous forme de rĂ©seaux d’innovation collaborative (COINs).

Un essaim crĂ©atif est une approche diffĂ©rente dâinteragir qui consiste, pour les membres dâune Ă©quipe, Ă aborder les projets ensemble plutĂŽt que de travailler en silos. L’idĂ©e Ă©tant que cette approche amĂšne plus de âcerveauxâ dans le processus crĂ©atif pour dĂ©composer les sujets complexes, susciter la collaboration et accĂ©lĂ©rer le rythme de production dâidĂ©es. Un COIN est un groupe intrinsĂšquement motivĂ© de personnes travaillant ensemble via le Web, soutenu par la technologie informatique et l’IA, pour crĂ©er quelque chose de radicalement nouveau.

Investir dans la bonne direction
L’innovation numĂ©rique axĂ©e sur les donnĂ©es redĂ©finit la façon dont les organisations crĂ©ent et gĂšrent la valeur en interne et en externe. Ce changement a Ă©tĂ© au centre de la prĂ©sentation de Michael Schrage, chercheur universitaire au MIT Center for Digital Business.
Insistant sur le fait qu’il est essentiel que les entreprises comprennent vraiment leurs clients, M. Schrage pense que la clĂ© de la transformation numĂ©rique est d’investir dans le capital humain, la crĂ©ativitĂ© et les compĂ©tences de ses clients. « La rĂ©ponse Ă la question fondamentale de savoir dans quel secteur d’activitĂ© nous sommes – dĂ©pend en rĂ©alitĂ© des clients que vous voulez », a-t-il affirmĂ©. « Autre grande question : comment rendre nos clients plus porteurs de valeur, mĂȘme Ă leur propres yeux ? »
« L’innovation, c’est de concevoir des clients, pas seulement de nouveaux produits, de nouveaux services et de nouvelles expĂ©riences utilisateur » â Qui voulez-vous que vos clients deviennent ? (2012) Michael Schrage
Le sociologue industriel français Frederick Le Play (1806-1882) a rĂ©volutionnĂ© la stratĂ©gie commerciale en reconnaissant que le bien le plus prĂ©cieux d’une mine de charbon n’Ă©tait pas les matiĂšres premiĂšres extraites, mais ses mineurs. Aujourd’hui, ce message ne concerne plus les employĂ©s d’une entreprise, mais les clients interagissant avec Google, Amazon, Netflix, LinkedIn, par exemple, et qui fournissent Ă ces entreprises des informations essentielles sur leurs habitudes.
« Le produit le plus important d’un rĂ©seau est le rĂ©seauteur », a dĂ©clarĂ© M. Schrage. « Les gens n’achĂštent pas des produits, ils achĂštent une meilleure version d’eux-mĂȘmes. Disney, par exemple, permet Ă ses clients de devenir des hĂ©ros et des hĂ©roĂŻnes, des princes et des princesses, des rois et des reines. »
Google, Amazon et Netflix savent que leur produit le plus important est vous
Comme toutes les technologies nĂ©cessaires pour concevoir des clients sont aujourd’hui disponibles, les entreprises doivent les utiliser en prĂȘtant attention Ă la culture, Ă la segmentation, à lâenvironnement social et aux compĂ©tences, a expliquĂ© M. Schrage. « Vous devez permettre aux gens de se segmenter eux-mĂȘmes. Les rĂ©seaux sociaux sont un appĂąt pour l’auto-segmentation. »

Photo de couverture: Flickr/cc â Thomas Hurst
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