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Mobilité du futur – l’eVTOL dans les starting blocks

Par : Lesley Brown 13 octobre 2020 no comments

Mobilité du futur – l’eVTOL dans les starting blocks

Alimenté par les avancées technologiques, il y a eu beaucoup d’enthousiasme ces dernières années autour du véhicule électrique à décollage et à atterrissage vertical (eVTOL en anglais). En effet, avec plus de 170 entreprises dans le monde qui développent en ce moment des prototypes, la course est lancée pour être la première à décoller commercialement.

Cependant, au-delà de la fiction que l’on retrouve dans les films Retour vers le futur, Le Cinquième Élément ou encore Blade Runner, la réalité est tout autre. Cette nouvelle forme de mobilité présente en effet des défis en matière d’usage, d’acceptabilité par les utilisateurs, de réglementation et d’industrialisation. Il y a encore du chemin à parcourir avant que ces engins ne décollent pour de vrai.

C’est justement ce chemin que souhaitent parcourir ensemble la Région Île-de-France, le Groupe ADP et la RATP qui ont inauguré, le 30 septembre 2020, une zone de test dédiée à ce nouveau mode de transport.

 

Droite à gauche : Franck Margain, président, Choose Paris Region ; Edward Arkwright, directeur général exécutif du Groupe ADP ; Florian Reuter, directeur général, Volocopter ; Valérie Pécresse, présidente de la Région Île-de-France ; Catherine Guillouard, présidente de la RATP     © Volocopter

 

Située à l’aérodrome de Pontoise-Cormeilles-en-Vexin, à 35 km au nord de Paris, la plateforme se veut complète. «Il s’agit d’expérimentations concrètes, des démonstrateurs, mais aussi de la réflexion sur les usages, le bruit, la réglementation … », précise Edward Arkwright, directeur général exécutif du Groupe ADP, lors de l’inauguration. Consciente que le véhicule aérien en soi n’est que la partie émergée de la mobilité aérienne urbaine, Catherine Guillouard, présidente-directrice générale de la RATP, insiste sur l’importance d’autres aspects comme l’insertion urbaine des zones d’atterrissage et de décollage ; le haut niveau de sécurité requise pour les vols ; et l’exploration des usages potentiels.

 

© RATP

 

« [L’eVTOL] ne sera pas un transport massif, comme le RER et ses millions de passagers par jour ! » affirme Mme Guillouard en lui prêtant plutôt des usages tels que l’urgence sanitaire, les liaisons entre points multi-modaux (entre gares et aéroports par exemple), les besoins touristiques ou le désenclavement de territoires.

Des intérêts qui convergent à l’horizon des Jeux Olympiques  

Volocopter, l’acteur allemand de la mobilité aérienne urbaine, sera le premier industriel à profiter des installations à Pontoise-Cormeilles-en-Vexin, en 2021 – pour tester VoloCity, son modèle d’eVTOL. Aujourd’hui le constructeur affirme être le seul en cours de certification à l’Agence Européenne de la Sécurité Aérienne (AESA) au niveau européen. « On est à deux ans d’avoir le « timbre d’approbation » AESA », souligne Florian Reuter, directeur général de Volocopter.

 

© Volocopter

 

Quel timing !  Deux ans plus tard, les Jeux Olympiques et Paralympiques de 2024 se tiendront à Paris. « Cet évènement constitue une opportunité exceptionnelle pour mobiliser la filière aéronautique, faire rayonner l’Île-de-France en la positionnant comme une région de référence sur le marché mondial de la mobilité aérienne urbaine », déclare Valérie Pécresse, présidente de la Région Île-de-France, enthousiaste.

Par ailleurs, afin de fédérer dans la durée un écosystème de grands groupes, PME, start-ups, laboratoires et universités, un appel à manifestation d’intérêt d’envergure mondiale est lancé sur le web, avec le soutien de l’agence Choose Paris Region.

Pour le Groupe ADP, face aux enjeux de la transition environnementale du transport aérien et de la relance économique du secteur, l’eVTOL offre une nouvelle perspective décarbonée et innovante. « Notre industrie est devant un cap : l’industrie décarbonée à horizon 2035 », souligne M. Arkwright. Pour rappel, en juin 2020 le gouvernement français a annoncé un plan de soutien au secteur aéronautique, sévèrement touché par la pandémie du Covid-19, autour de trois axes : sauver les emplois, transformer les entreprises et décarboner le secteur.

Selon Mme Guillouard, rien de plus naturel que le Groupe RATP s’intéresse à la mobilité aérienne, « car nous nous voyons comme « un assemblier » de mobilités. Cette nouvelle mobilité est profondément complémentaire de nos modes de transports historiques. Nous entendons être le partenaire privilégié de la ville intelligente de demain et mettre à profit nos savoir-faire humains et techniques ».

D’ici à 2024, tous espèrent que cette zone d’expérimentation à l’aérodrome de Pontoise-Cormeilles-en-Vexin, va donner des ailes à ce marché tant attendu. Bien évidemment, après 10 ans de travail dans le domaine, M. Reuter est impatient : « On est si proche du décollage ! ». Et à M. Arkwright de conclure : « c’est une belle nouvelle page de l’aventure aéronautique qui s’ouvre ».

 

Photo de couverture © Volocopter

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