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Scénario #1

Scénario #1

 

La croissance économique d’abord

Le monde est en route vers une augmentation de +4°C en 2100. En 2050, le réchauffement est déjà à +3°C. Les ressources naturelles s’affaiblissent, tant au niveau des métaux et matériaux encore extractibles que de la ressource en eau. La sixième extinction est visible et handicape l’exploitation agricole. Les catastrophes naturelles sont de plus en plus fréquentes, les chaleurs extrêmes et la montée des eaux atteint deux mètres. Certains territoires sont devenues inhabitables. De nombreuses îles de l’Océanie ont disparu obligeant les habitants à se réfugier ailleurs.

La consommation poursuit sa course vers « toujours plus » dans une société plus que jamais individualiste et inégalitaire. La croissance économique est ainsi toujours là même si elle a fortement ralenti par rapport aux années 2000-2020. L’Asie et l’Amérique sont des continents développés même si de profondes inégalités persistent dans des systèmes majoritairement libéraux. Une classe aisée y a émergé et accède depuis au moins une décennie à la consommation de masse de biens et de services. De plus, elle voyage partout où leur pays le permet.

Les inégalités se creusent entre ceux qui ont accès à la consommation et ceux pour qui les biens sont devenus trop chers en raison de la rareté des ressources qui a créé une forte inflation, y compris pour les denrées alimentaires.

L’Afrique reste le continent le plus pauvre avec une population très jeune comparativement aux autres continents. Ceci couplé au dérèglement climatique qui frappe de plein fouet le continent pousse les plus prometteurs de leur communauté à migrer pour assurer la survie de tous.

Les migrations sont devenues structurelles et on ne fait plus la distinction entre les migrants politiques et les migrants climatiques tant l’urgence est la même.

Le niveau de conflits dans le monde est très élevé en raison des fortes migrations de population qui créent des tensions dans un contexte de repli national et en raison de la forte compétition pour les ressources en eau et en matériaux entre les pays. Des blocs se sont créés qui se fissurent régulièrement.

ILLUSTRATIONS

INDICATEURS

Société

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L’organisation (de la production, de la vie…) est globalisée, parfois entravée par les conflits.

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Le corps est commercialisable : attention, organes. La médecine permet d’augmenter les corps.

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Les animaux sont considérés comme des ressources pour les humains.

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Le partage, l’open source est une niche occupée par des convaincus.

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L’innovation est essentiellement incrémentale.

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Malgré l’inflation la consommation mondiale continue de croître lentement.

Ressources

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L’énergie fossile reste abondante avec l’utilisation du charbon.

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Les matières premières, les denrées agricoles et l’eau sont difficiles d’accès donc chères.

La croissance est synonyme d’exploitation des ressources.

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Le prix du carbone est faible, pour plus de compétitivité des filières industrielles nationales.

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Les catastrophes naturelles font partie du quotidien. La pollution est à son comble. L’espérance de vie a reculé.

(Géo)politique

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Les conflits et guerres de l’eau ou des matériaux sont réguliers. Les alliances fluctuent.

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Les migrations sont massives en raison des catastrophes climatiques et de la raréfaction des ressources.

La société est au paroxysme de l’individualisme.

Etats et entreprises mènent la politique de croissance de conserve.

Les voix des collectifs sont peu entendues.

LA MOBILITE

La mobilité mondialisée et carbonée

Les mégalopoles de plus de 10 Millions d’habitants poursuivent leur avancée sur les terres arables, menaçant la production agricole et la biodiversité. L’urbanisation est verticale mais aussi horizontale avec l’occupation des campagnes par les néo-ruraux.

Les moyens de transport de passagers dans les villes sont multiples tant la demande de transport est importante. Les engins de micromobilité côtoient les vélos, les voitures, ainsi que toute la palette des transports en commun ou véhicules partagés.

La voiture particulière est très pratiquée sur la plupart des continents, en particulier par la classe aisée qui recherche la sécurité et le statut social. Les records de congestion sont régulièrement battus.

La digitalisation de la mobilité et de la ville permet aux autorités publiques de tenter de fluidifier les flux avec l’instauration d’outils de régulation (fiscalité, signalisation en temps réel…). De grandes infrastructures de transport sont nécessaires pour limiter la congestion et encourager les personnes à emprunter les transports en commun. Le budget transport est cher pour les citoyens en raison de la rareté des matériaux notamment.

La question du partage de la route entre tous ces véhicules se posent avec acuité. Le ciel est également devenu un enjeu avec l’arrivée massive des voitures ou drones volants autour des années 2030, qu’ils soient individuels ou partagés. La pollution liée aux transports est délocalisée autour des usines de production d’électricité à partir des énergies fossiles encore abondantes, à l’instar du charbon.

Le trafic aérien que ce soit pour les passagers ou pour les marchandises continue de croitre régulièrement. Les marchandises parcourent le monde, produites à un endroit de la planète et consommées à un autre. Le gigantisme des navires se poursuit pour pouvoir répondre à la demande de consommation du monde entier, toujours croissante.

Quelques très grandes firmes internationales contrôlent la production et le transport des marchandises. Les plus grandes ont intégré les chaînes de production, elles commercialisent et livrent à leur marque. D’autres se sont spécialisés dans la digitalisation de la mobilité avec des schémas de gestion des flux imposés à toutes les grandes villes du globe.

Le secteur du tourisme continue de connaître une croissance importante mais il a changé de visage. Les touristes parcouraient le monde jusqu’en 2035, puis les conflits apparaissant, ils ont du limiter le choix de leurs destinations en fonction de la géopolitique et des événements climatiques ou sanitaires. Les milliardaire, eux, s’offrent des voyages VIP vers le Village Lunaire.

L'HISTOIRE

Andrew est célibataire et sans enfants. Il vit à proximité de Nairobi, au Kenya. De formation ingénieur agronome, il est en charge d’une communauté autonome de 40 personnes qui vivent en copropriété.

Sa problématique : faire venir un traitement médical depuis la Chine pour un des membres de la communauté.

Les contraintes qui pèsent sur Andrew sont fortes. Le membre de la communauté, malade, n’a pas les moyens de payer le médicament.

Le marché de la logistique des biens est scindé en deux. D’un côté le marché « formel » tenu par quelques multinationales, de l’autre un marché « informel » et parallèle s’est développé pour accéder à des biens de contrebande… tenu par les mêmes multinationales en réalité. Andrew va devoir faire appel à ce dernier marché pour obtenir le médicament.

Comme il ne peut pas payer en cash le médicament au marché noir, Andrew va avoir recourt à une pratique peu glorieuse pour obtenir ce médicament : il va vendre un organe d’un de ses prisonniers à un dignitaire d’un pays voisin. Il faut savoir que dans ce monde de conflits, il n’est pas rare que des prisonniers soient réduits en esclavage, issus de communautés rivales.

Les multinationales de la logistique ont intégré les chaines de valeur. Ainsi, le prélèvement d’organes va pouvoir être réalisé de façon extrêmement professionnelle et en toute sécurité pour le prisonnier, véhiculé dans le pays voisin par avion, et pour le bénéficiaire. La transaction elle-même, enregistrée dans une « dark blockchain » est sécurisée. Le médicament va enfin être livré à Andrew par drone pour les derniers kilomètres et remis grâce à la reconnaissance faciale.

NOS ENTREPRISES ?

Atelier de réflexion

 

Est-ce que mon entreprise existerait dans ce monde ? Quels seraient son métier, sa mission, ses offres, ses partenaires / concurrents… ?

Quid des autres industriels de la mobilité ?

Quelle stratégie adopter dès aujourd’hui pour que nos entreprises soient fortes dans ce scénario-là ?