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💡 Symposium Bouygues/MIT – la transformation digitale des entreprises

💡 Symposium Bouygues/MIT – la transformation digitale des entreprises

par Joëlle Touré, déléguée générale, Futura-Mobility

 

InvitĂ© au siĂšge de Bouygues le 8 novembre 2019 Ă  Paris, un public français a pu profiter d’échanges avec des professeurs du MIT tout au long de la journĂ©e dans le cadre du programme MIT ILP (Industrial Liaison Program).

« Ce n’est pas le digital le problĂšme, c’est la transformation. Ce n’est pas une question de technologie, c’est une question de management », c’est ainsi que George Westerman, de la MIT Sloan School of Management, a dĂ©marrĂ© sa confĂ©rence sur le management de la transformation digitale des entreprises.

 

 

Pour illustrer son propos, il s’est appuyĂ© sur la loi de Gordon E. Moore, qui fait le constat en 1975 que « le nombre de transistors des microprocesseurs sur une puce de silicium double tous les deux ans », et donc que les machines Ă©lectroniques deviennent de moins en moins coĂ»teuses et de plus en plus puissantes, Ă  un rythme exponentiel.

« Mais les ĂȘtres humains eux, ne suivent pas la loi de Moore ! ».

Ainsi, pour assurer la transformation digitale d’une entreprise, il faut, selon le professeur Westerman, s’attacher à formuler la meilleure vision possible et à piloter le changement.

Pendant neuf ans, il a étudié les grandes entreprises sur cette problématique. Il en résulte la catégorisation suivante selon la capacité digitale ou la capacité de transformation des entreprises :

  • les « dĂ©butants »
  • les « fashionistas » qui sont bons pour faire des beaux outils digitaux en extĂ©rieur mais ces objets ne s’attachent pas Ă  satisfaire un rĂ©el besoin ou mĂȘme Ă  faire plaisir aux utilisateurs
  • les « conservateurs » qui sont trop occupĂ©s au respect de leur propre gouvernance pour pouvoir innover
  • les « digital masters » qui sont trĂšs forts en technologie et en leadership

 

 

L’exemple d’une entreprise indienne, Asianpaints, est frappante sur la vision qu’elle a su porter sur son propre mĂ©tier et sur sa capacitĂ© de transformation.

A l’origine, Asianpaints est un fabricant et un distributeur de peintures implantĂ© en Inde dans 13 rĂ©gions diffĂ©rentes. L’enjeu de digitalisation de cette entreprise Ă©tait complexe car les 13 rĂ©gions avaient des processus et modes de fonctionnement diffĂ©rents. Ils ont rĂ©ussi nĂ©anmoins Ă  implanter un ERP commun, puis – « comme ils sont en Inde ! » – ont créé un call center pour appuyer les Ă©quipes sur l’utilisation de l’ERP. Ils ont ensuite donnĂ© aux commerciaux un rĂŽle sur la vente en montĂ©e en gamme (up-selling). Finalement, ils sont devenu le « uber » des peintres, parce que leur vision Ă©tait claire : « les gens n’ont pas besoin de peinture, ils ont besoin de voir leurs murs peints ».

Asianpaints est maintenant prĂ©sente dans 17 pays. La question qu’ils se sont posĂ©s Ă  chaque Ă©tape Ă©tait bien celle-ci : « que pouvons-nous faire de plus ? ».

Autre enseignement des recherches du professeur Westerman, le digital peut permettre Ă  une entreprise d’augmenter son chiffre d’affaires mais c’est la transformation rĂ©elle de l’entreprise qui apportent les bĂ©nĂ©fices.

 

« Les conservateurs (en bas Ă  droite) engrangent des bĂ©nĂ©fices mais leur chiffre d’affaires s’érode
 combien de temps cela va-t-il durer ? » – George Westerman

 

Ainsi, que faire pour une entreprise ? Cinq mots-clĂ©s pour mener Ă  bien une vĂ©ritable transformation digitale de l’entreprise :

  1. Vision. Assez claire pour donner le sens, elle ne doit pas entrer dans les dĂ©tails. La vision doit permettre Ă  l’entreprise de la rendre diffĂ©rente, pas seulement meilleure. Par exemple chez Nike – « faire partie de votre vie » ; Rio Tinto – « veut construire des mines oĂč les mineurs ne soient plus blessĂ©s » ; DBS – « une banque source de joie ».
  2. Projets.
  3. Plateforme. Le digital doit permettre un service qualité aux clients. Par exemple, Daimler propose à ses clients un diagnostic à distance du moteur en cas de panne et une réparation en une heure grùce à un réseau de garages partenaires.
  4. Governance. Elle doit permettre plus d’innovation et plus d’efficacitĂ©. La prioritĂ© d’une bonne gouvernance est de favoriser le partage et la coordination, pas le contrĂŽle !
  5. Culture. Elle pousse les gens Ă  donner le meilleur. « Que pouvons-nous faire de plus ? ». Il faut ĂȘtre capable d’entendre aussi le mĂ©contentement parce que cela donne des idĂ©es !

 

 

SpĂ©cificitĂ© des entreprises internationales selon le Professeur, l’important est le construire le cƓur  du systĂšme comme un socle sur lequel s’appuieront les spĂ©cificitĂ©s locales des diffĂ©rents pays d’implantation de l’entreprise.

« Une entreprise n’a pas besoin de stratĂ©gie digitale, elle a besoin de capacitĂ© de transformation » – George Westerman.

Christophe Lienard, Directeur de l’innovation du Groupe Bouygues et organisateur de ces journĂ©es, a conclu en rĂ©affirmant l’envie pour le Groupe Bouygues de poursuivre ces Ă©changes avec le MIT, avec d’autres entreprises, pour tĂ©moigner de leur expĂ©rience de la transformation digitale ou des problĂ©matiques de l’intrapreneuriat, et aussi avec des startups.

 

« De belles rencontres et beaux projets naissent de ces Ă©changes ! » – Christophe Lienard