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Symposium Bouygues/MIT – la transformation digitale des entreprises

Par : Lesley Brown 8 décembre 2019 no comments

Symposium Bouygues/MIT – la transformation digitale des entreprises

par Joëlle Touré, déléguée générale, Futura-Mobility

 

Invité au siège de Bouygues le 8 novembre 2019 à Paris, un public français a pu profiter d’échanges avec des professeurs du MIT tout au long de la journée dans le cadre du programme MIT ILP (Industrial Liaison Program).

« Ce n’est pas le digital le problème, c’est la transformation. Ce n’est pas une question de technologie, c’est une question de management », c’est ainsi que George Westerman, de la MIT Sloan School of Management, a démarré sa conférence sur le management de la transformation digitale des entreprises.

 

 

Pour illustrer son propos, il s’est appuyé sur la loi de Gordon E. Moore, qui fait le constat en 1975 que « le nombre de transistors des microprocesseurs sur une puce de silicium double tous les deux ans », et donc que les machines électroniques deviennent de moins en moins coûteuses et de plus en plus puissantes, à un rythme exponentiel.

« Mais les êtres humains eux, ne suivent pas la loi de Moore ! ».

Ainsi, pour assurer la transformation digitale d’une entreprise, il faut, selon le professeur Westerman, s’attacher à formuler la meilleure vision possible et à piloter le changement.

Pendant neuf ans, il a étudié les grandes entreprises sur cette problématique. Il en résulte la catégorisation suivante selon la capacité digitale ou la capacité de transformation des entreprises :

  • les « débutants »
  • les « fashionistas » qui sont bons pour faire des beaux outils digitaux en extérieur mais ces objets ne s’attachent pas à satisfaire un réel besoin ou même à faire plaisir aux utilisateurs
  • les « conservateurs » qui sont trop occupés au respect de leur propre gouvernance pour pouvoir innover
  • les « digital masters » qui sont très forts en technologie et en leadership

 

 

L’exemple d’une entreprise indienne, Asianpaints, est frappante sur la vision qu’elle a su porter sur son propre métier et sur sa capacité de transformation.

A l’origine, Asianpaints est un fabricant et un distributeur de peintures implanté en Inde dans 13 régions différentes. L’enjeu de digitalisation de cette entreprise était complexe car les 13 régions avaient des processus et modes de fonctionnement différents. Ils ont réussi néanmoins à implanter un ERP commun, puis – « comme ils sont en Inde ! » – ont créé un call center pour appuyer les équipes sur l’utilisation de l’ERP. Ils ont ensuite donné aux commerciaux un rôle sur la vente en montée en gamme (up-selling). Finalement, ils sont devenu le « uber » des peintres, parce que leur vision était claire : « les gens n’ont pas besoin de peinture, ils ont besoin de voir leurs murs peints ».

Asianpaints est maintenant présente dans 17 pays. La question qu’ils se sont posés à chaque étape était bien celle-ci : « que pouvons-nous faire de plus ? ».

Autre enseignement des recherches du professeur Westerman, le digital peut permettre à une entreprise d’augmenter son chiffre d’affaires mais c’est la transformation réelle de l’entreprise qui apportent les bénéfices.

 

« Les conservateurs (en bas à droite) engrangent des bénéfices mais leur chiffre d’affaires s’érode… combien de temps cela va-t-il durer ? » – George Westerman

 

Ainsi, que faire pour une entreprise ? Cinq mots-clés pour mener à bien une véritable transformation digitale de l’entreprise :

  1. Vision. Assez claire pour donner le sens, elle ne doit pas entrer dans les détails. La vision doit permettre à l’entreprise de la rendre différente, pas seulement meilleure. Par exemple chez Nike – « faire partie de votre vie » ; Rio Tinto – « veut construire des mines où les mineurs ne soient plus blessés » ; DBS – « une banque source de joie ».
  2. Projets.
  3. Plateforme. Le digital doit permettre un service qualité aux clients. Par exemple, Daimler propose à ses clients un diagnostic à distance du moteur en cas de panne et une réparation en une heure grâce à un réseau de garages partenaires.
  4. Governance. Elle doit permettre plus d’innovation et plus d’efficacité. La priorité d’une bonne gouvernance est de favoriser le partage et la coordination, pas le contrôle !
  5. Culture. Elle pousse les gens à donner le meilleur. « Que pouvons-nous faire de plus ? ». Il faut être capable d’entendre aussi le mécontentement parce que cela donne des idées !

 

 

Spécificité des entreprises internationales selon le Professeur, l’important est le construire le cœur  du système comme un socle sur lequel s’appuieront les spécificités locales des différents pays d’implantation de l’entreprise.

« Une entreprise n’a pas besoin de stratégie digitale, elle a besoin de capacité de transformation » – George Westerman.

Christophe Lienard, Directeur de l’innovation du Groupe Bouygues et organisateur de ces journées, a conclu en réaffirmant l’envie pour le Groupe Bouygues de poursuivre ces échanges avec le MIT, avec d’autres entreprises, pour témoigner de leur expérience de la transformation digitale ou des problématiques de l’intrapreneuriat, et aussi avec des startups.

 

« De belles rencontres et beaux projets naissent de ces échanges ! » – Christophe Lienard

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