.. Chargement en cours ..

💡 Comportements, usages et innovations responsables

💡 Comportements, usages et innovations responsables

Paris, 6 octobre 2017 : OrganisĂ©e par Futura-Mobility sur la pĂ©niche India Tango, cette sĂ©ance d’une demi-journĂ©e a accueilli autour des membres fondateurs, des start-upers, designers, chercheurs avec d’autres industriels de la mobilitĂ© ou non.

 

 

1Úre scÚne : Lecture

Marie Privat, Ă  l’innovation chez Safran, nous lit avec un grand talent une des histoires Ă©crites par Anne-Caroline Paucot, Les Propulseurs, suite Ă  l’atelier de « prospective fiction » organisĂ© par elle sur la pĂ©niche le 19 septembre prĂ©cĂ©dent.

 

 

Les réactions sont nombreuses tant cette histoire fait émerger des réflexions sur :

  • notre rapport aux distances et donc Ă  la mobilitĂ© – le monde se rapprochant, c’est un facteur de paix. Ce scĂ©nario met en exergue la nĂ©cessitĂ© de ne pas revenir en arriĂšre en Ă©tant limitĂ© dans l’espace ;
  • la configuration des villes, notamment la proximitĂ© travail / domicile qui, mĂȘme avec du tĂ©lĂ©travail, restera toujours certainement un facteur de dĂ©placement important ;
  • notre rapport aux loisirs, la dame dans l’histoire faisant un tour en voiture autonome pour discuter avec ses amis ;
  • la question de l’impact de l’autonomisation des vĂ©hicules : plus ou moins de trafic ?

Ainsi, l’intĂ©rĂȘt d’un tel travail prospectif sous forme de fictions est validĂ© par les membres de Futura-Mobility.

 

2Úme scÚne : Table-ronde, « comprendre les comportements » 

Pourquoi les comportements individuels changent-ils si lentement alors que tout le monde ou presque est conscient du changement climatique ?

 

 

D’aprĂšs Anne-Caroline PrĂ©vot, directrice de recherche au CNRS en psychologie et chercheuse au MNHN : « les gens disent qu’ils sont de plus en plus en plus concernĂ©s et l’on peut s’en rĂ©jouir
 mais ce n’est pas parce que qu’on dit qu’on est concernĂ© qu’on change nos comportements ».

Sylvie Granon, chercheuse en neurobiologie Ă  l’universitĂ© Paris-Sud : le vĂ©cu et ainsi les Ă©motions gĂ©nĂ©rĂ©es lors de nos expĂ©riences vont ĂȘtre Ă  la base de nos dĂ©cisions. Ce sur quoi Mme PrĂ©vot renchĂ©rit : « Le plus important c’est effectivement l’expĂ©rience et le vĂ©cu bien plus que ce qu’on entend et que ce qu’on est mĂȘme capable de percevoir par notre intellect ».

Mme Granon met en avant les facteurs de prise de décision :

  • les aspects Ă©motionnels
  • la motivation (l’envie)
  • mais surtout la balance coĂ»ts / bĂ©nĂ©fices

Trois grands types de motivation à agir ou changer de comportements, selon Mme Prévot :

  • notre attitude : les Ă©motions ressenties (on aime / on n’aime pas), la connaissance qu’on en a, les valeurs qu’on attribue Ă  ce comportement avec notre histoire personnelle
  • les normes sociales, qu’en dira-t-on ? et la pression de groupe
  • la perception du contrĂŽle et de l’efficacité : vais-je y arriver ? Est-ce que ce que je vais faire est important ?

« Pour faire changer les comportements, dans la communication, il est important de jouer sur les trois à la fois, pas sur un seul ».

 

3Úme scÚne : Table-ronde, « faire basculer les comportements »

Comment les propos tenus dans la premiÚre table-ronde résonnent-ils en vous ?

 

 

Alice Audouin, president & fondateur, Art of Change 21 :  « Effectivement le fait de montrer va sĂ»rement faire changer les habitudes. Par exemple, les applications sur la pollution de l’air vont sĂ»rement ĂȘtre un facteur dĂ©terminant pour faire changer les habitudes. On peut espĂ©rer que le facteur santĂ© va ĂȘtre dominant pour choix de mobilitĂ© futur – c’est dĂ©jĂ  le cas en Chine notamment. »

Etienne Bressoud, director, BVA NudgeUnit & co-fondateur, NudgeFrance : « C’est pas parce qu’on a l’intention de changer, qu’on va changer. Aux États-Unis, expliquer aux amĂ©ricains qu’ils peuvent gagner 50 $ par mois en coupant la climatisation Ă  certaines heures de la journĂ©e en mettant le ventilateur Ă  la place, est moins efficace que de leur dire que 77% de leurs voisins le font. On retrouve le poids de la norme sociale.

« Le Nudge travaille sur le contexte, sur l’environnement des gens, sans mĂȘme passer par l’opinion et les attitudes conscientes des gens. Il faut aussi que les gens puissent changer. Il existe un modĂšle de Fogg ‘B=MAT’, Behaviour = Motivation x Ability x Trigger. Le trigger est le petit coup de pouce, le nudge. Le nudge c’est comment je re-designe l’environnement de choix d’un individu pour l’inciter a avoir un comportement sans le contraindre et en accord avec ses propres objectifs ».

 

 

Le programme Bretagne MobilitĂ© Active (BMA) s’occupe de la mobilitĂ© en regardant l’activitĂ© des gens – pourquoi consomment-ils de la mobilité ? », notamment au niveau des entreprises.

Jean-Luc Hannequin, directeur du dĂ©veloppement, CCI Ille-et-Vilaine : « On s’est aperçu que les gens ne savent pas expliquer ce qu’ils font ou leur mobilitĂ©, que ce soit dans la banque ou dans le bĂątiment. En fait, la mobilitĂ© est un facteur dysfonctionnel de l’organisation : les chantiers n’étant pas bien organisĂ©s, ils mangeaient de la mobilitĂ© jusqu’à rĂ©duire de 50% leurs marges.

« Apporter la rĂ©ponse en terme de vĂ©hicules Ă©lectriques aurait cachĂ© le vĂ©ritable traitement du problĂšme de mobilitĂ©, qui venait de l’organisation des chantiers en amont. Ainsi, quand on arrive Ă  transformer l’activitĂ©, la consĂ©quence est la mobilitĂ©. Ce n’est pas le comportement qu’on a visĂ© dans BMA ».

A propos des problÚmes de déchet 


Katarzyna RĂ©nie, head of sustainable development, Nespresso France : « Le succĂšs de Nespresso est basĂ© sur une innovation forte qui a eu pour corollaire de crĂ©er un dĂ©chet nouveau, ce qui est impensable aujourd’hui dans la sociĂ©tĂ© actuelle, et c’est un progrĂšs sociĂ©tal ! MĂȘme si ce dĂ©chet est trĂšs peu significatif au regard des impacts globaux de Nespresso, l’entreprise n’existera Ă  long terme que si on rĂšgle le problĂšme de ce dĂ©chet.

« Quand on organise la collecte des capsules usagĂ©es dans les boutiques, on ne touche que 20% des clients : les convaincus. Mais pour toucher les autres, l’équilibre effort / bĂ©nĂ©fice n’est pas assez bon. Ainsi, on a pensĂ© Ă  s’intĂ©grer dans le geste Ă©cologique prĂ©fĂ©rĂ© des français, le tri sĂ©lectif ».

On a parlĂ© de plaisir, d’envie : peut-on utiliser le design pour faire adopter des solutions innovantes ?

Marc Van Peteghem, co-fondateur, VPLP Design & Sustainable Design School de Nice; président & co-fondateur, WATEVER :

« On a gagnĂ© la coupe de l’AmĂ©rique avec un trimaran Ă©quipĂ© d’une aile  de 68 m de haut, donc si on peut proposer ça sur d’autres bateaux et qu’on trouve un systĂšme amortissable sur moins de 5 ans sur les gains de carburants, cela devrait plaire. Les armateurs n’investiront jamais que si c’est une histoire de climat, et il faut que ce soit rentable. C’est trĂšs rapidement rentable.

« L’idĂ©e derriĂšre le projet Oceanwings est de se dire que depuis des milliers d’annĂ©es les bateaux sont propulsĂ©s par le vent et que cela fait un peu plus d’un siĂšcle qu’on ne l’utilise plus. Or les bateaux marchands actuels polluent – il faut trouver des solutions.

« Aujourd’hui, un prototype a Ă©tĂ© dĂ©veloppĂ© avec l’aide de l’ADEME et on a un partenariat technique avec le groupe CNIM pour passer Ă  l’échelle industrielle. Le cargo est notre premier objectif, sĂ»rement aussi des grands yachts, la pĂȘche – les palangriers qui font beaucoup de route pour lesquels le carburant reprĂ©sente 45% de leurs frais de fonctionnement ».